Méditation de Pleine conscience (MPC)

Qu’est-ce que c’est / ce que cela apporte

«La méditation de pleine conscience (MPC) est l’art de s’ancrer dans le présent, de cultiver une attention vigilante, sans jugement, et une présence attentive et bienveillante à ce qui se passe dans le moment présent, quel que soit ce qu’on vit dans le corps et dans le mental » L’ancrage sur la respiration et les sensations ont de nombreux bienfaits reconnus par de plus en plus de professionnels de la santé: prise de recul, pleine présence dans le « ici et maintenant », réduction du stress et de l’anxiété, facilité de concentration, diminution de la charge mentale…..

Les références

La MPC a été structurée par John Kabat-Zin, professeur émérite de médecine, qui a fondé la clinique de réduction du stress aux Etats-Unis. Son approche est laïque.
En France, l’association pour le développement de la mindfulness (ADM) garantit le respect du cadre de pratique et oriente vers des stages et séances de méditation partout en France.

Comment pratiquer
  • Des applications : Petit Bambou qui propose des méditation gratuites et des approfondissements sur abonnement

 

  • Des livres :
    • « Méditer jour après jour », par Christophe André, Ed.L’iconoclaste, 2011.
    • « Méditer avec nous » : 21 méditants experts vous conseillent et vous guident » par Christophe André + collectif, 2017, Odile Jacob. A noter la participation de Corine Bagnis à cet ouvrage
  • Des stages, 8 séances de 4 heures, 1 par semaine :
Des contre-indications ?

Il y a bien sûr des situations où il est difficile voire impossible de commencer la pratique méditative. Il s’agit de toutes les situations psychiques et psychiatriques non traitées, comme une dépression non prise en charge par exemple. Dans ce contexte, il est d’une part très difficile de pratiquer les exercices, d’autre part déconseillé de le faire en dehors d’un accompagnement par un professionnel de la santé mentale. De la même façon lorsqu’on a vécu un deuil traumatisme récent passé, on peut faire l’expérience de la méditation et voir si cela est raisonnable et accessible. En effet la pratique même de la méditation peut conduire à une exacerbation de certaines émotions qui peuvent devenir de parfaits envahissant en particulier lorsqu’ils ont fait l’objet d’un traumatisme.

Et côté dialyse ?

En 2014, le Professeur ISNARD-BAGNIS, néphrologue, a initié un programme de méditation de pleine conscience à La Pitié Salpêtrière dans le cadre de l’éducation thérapeutique du Patient, sous forme de stages. Les participants acceptent en contrepartie de remplir des questionnaires et de participer à des interviews utilisés pour une évaluation scientifique des effets du programme. Le programme existe toujours, avec comme objectif de financer des activités régulières de méditation, à la fois pour les patients et les soignants. Il est financé depuis 2 ans par la fondation PILEJE sous forme de mécénat. D’autres établissements de santé publique ou privée proposent des enseignements de méditation.

Témoignages de patients

Nina, 50 ans
Au cours de ces 5 dernières années, et de mon parcours de dialysée (dialyse péritonéale à domicile, puis hémodialyse par KT en UDM, auto-dialyse puis hémodialyse à domicile), la méditation m’a indéniablement aidée, en renforcement du support apporté par l’équipe soignante du Centre où je suis suivie. Face aux diagnostics, aux aléas des différents traitements, aux inquiétudes par rapport aux impacts sur ma vie familiale et professionnelle, cette pratique m’a permis de mieux gérer mon anxiété et mes angoisses, sans médication. Elle m’a permis de mieux appréhender la douleur des ponctions et des crampes, l’anticipation et la peur de celle-ci pouvant en démultiplier les effets. J’ai également grâce à elle augmenté ma capacité de concentration, et de mobilisation de mes ressources dans un objectif donné, par exemple pour la préparation de la machine de dialyse le soir ou la gestion des alarmes, ou lors des ponctions (que je dois effectuer de la main gauche, alors que je suis droitière). Ma pratique de la méditation a facilité pour moi le recours à l’hypnose médicale (les 2 approches ayant de mon point de vue des points communs), proposée par mon Centre de dialyse pour vaincre une phobie des piqûres très handicapantes dans la perspective de dialyse à domicile. Enfin, elle me permet de mieux gérer mon énergie, m’amenant à mieux profiter des bons moments et à minimiser les effets des « mauvais », ce qui est essentiel pour rester disponible pour mes proches et poursuivre une activité professionnelle prenante à temps-plein tout en dialysant le soir.